Goze président de la LNR ! Mais pour quoi faire ?

Ca y est le nom du successeur de Jean-Pierre Revol vient de tomber ! Ce sera Paul Goze. Voilà, circulez  y'a plus rien à voir ! OK, c’est bien gentil tout cela, mais c’est quoi le projet de ce monsieur ? On a bien essayé de chercher des infos, des déclarations, on ne trouve pas grand chose de marquant. Au-delà des projets, on aurait aimer aussi connaître les moyens de les mettre en œuvre…

Faut bien reconnaître que cette élection a vraiment des aires de nomination d’un président de conseil d’administration d’une banque de province. Pas du tout à celle d’une ligue de sport populaire suivi par des millions de passionnés. Une sorte de formalité réglementaire qui se traite entre initiés sur des critères connus d’eux seuls. Cantonné au rôle d’observateur, on pouvait juste espérer que ce conclave accouche d’une fumée blanche et que le successeur soit enfin nommé ! A vrai dire, la LNR n’est pas une démocratie pas plus qu’elle n’est pas le représentant du rugby français ni son porte-parole. Ce rôle est dévolu à la FFR. Non, la LNR est une « ploutocratie » au sens premier du terme. Elle n’est là que pour défendre les clubs professionnels pour leurs seuls intérêts.


Justement c’est quoi les intérêts du moment pour la LNR ? C’est un peu la question que tout le monde se pose ? Surtout après la nomination de monsieur Goze ! Nous pensions tous qu’après la double gifle des 31,7 millions de droits TV récoltés par an (au lieu des 100 espérés) et des 38 millions obtenus par les Anglais (soit 6,3 de plus que nous) nous allions assister à une révolte de palais. Quenini, on nous met un type du serial dans la droite ligne de ces présidents de petites villes provinciales, sans grande expérience du monde des affaires. Alors que tout le monde sait que le seul moyen de faire de l’argent jusqu’en 2016 (date de renégociation des droits TV), c’est le partenariat et les sponsors. Mais qui va mettre de l’argent dans un championnat qui ressemble à une ligue régionale du sud-ouest dont le président en est le garant ? Président, ce dit en passant, dont le club est en plein marasme financier et sportif ! On fait quoi pour augmenter les recettes de billetterie des clubs et leur marchandising ? Quel projet ? Quelles solutions  ? On ne se fait pas trop d’illusion et on sait que la seule marge de manœuvre financière prévue et d’aller pleurer avec les Anglais pour arracher quelques deniers supplémentaires à l’ERC. 

Aujourd’hui, tout le monde se cache derrière la hausse des chiffres (droits, fréquentation, partenariat,…) pour légitimer la réussite de la LNR. Mais personne n’ose dire qu’elle a atteint les limites d’un modèle, qu’elle n’a plus de marge de manœuvre. Ca veut dire quoi ? Ben, tout simplement qu’il faut inventer un autre modèle, casser les codes des bonnes « vielles valeurs du rugby » tant ventées par les puristes mais qui sont pure hypocrisie. Personne n’interdit aux partisans du rugby de terroir avec ses fameuses « valeurs » d’aller voir des matchs de fédérale 1, après tout c’est fait pour ca !

Refuser d’accepter que le sport moderne soit un spectacle (et les joueurs des acteurs) c’est se tirer une balle dans le pied. Allez aux USA assister à un match de football américain ou un match de football australien en Australie et vous comprendrez ce qu’est le sport moderne ! Vous comprendrez aussi pourquoi le rugby à XIII australien a négocié ses droits TV à plus de 1 milliard de dollars pour 5 ans (environ 162 millions d’euros par an), alors qu’il est le sport N°2 derrière le football australien.

Pour un réel changement, il aurait fallu un dirigeant audacieux, moderne, avec des idées neuves. J’ai nommé Max Guazzini ! Un gars capable de voir plus loin que le sud-ouest, capable d’aller à Lille convaincre les décideurs de mettre la main à la poche pour la création d’un grand club de rugby, qui n’attend que ca ! Franchement, vous imaginez Paul Goze en train de charmer des gens du Nord dans le bureau de Martine Aubry ? 

C’est quoi le rugby à la Goze ? Réponse : des coups de gueules à la Loulou Nicollin, des bandas ringardes, des matchs sans animation ni spectacle, des interviews dithyrambiques dans le midol,… . Bref, le rugby d’antan. Celui du bon père de famille qui tient bien ses comptes et plaît aux notables. On imagine déjà l’ennui des mi-temps des phases finales du top14 de l’année prochaine. On imagine aussi l’ennuie dans le jeu avec une ligue qui va refuser toute réforme des règles au nom du conservatisme. On imagine aussi les conflits d’intérêts quand l’USAP sera mis en cause et les passes d’armes avec Mourad Boudjellal. Bref, que du bonheur !  


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